Mon travail dérange. Je le sais et je le comprends aisément. L’ignorance de mes détracteurs est à l’origine de leurs réactions véhémentes, de leur jalousie, de leurs critiques et de leurs inimitiés envers ma méthode. Qu’ils soient rassurés, je ne leur en veux pas mais je reste attristé de tant d’incompréhension de leur part. Qu’elles s’expriment directement, indirectement ou sournoisement ces critiques et attaques dénotent le sentiment de danger que je peux représenter à leurs yeux et selon leurs croyances.

En fait je les remercie de leur attitude qui quelque part, justifie et confirme mon travail et m’oblige à plus d’attention et de respect envers mes patients et moi-même. Depuis plus de 6 ans je travaille quotidiennement et j’observe les résultats sur mes patients. Depuis plus de 6 ans j’applique simplement les techniques issues de la Médecine Traditionnelle Chinoise. Rien de plus. Je n’ai rien inventé de ce qui se fait encore et qui existe depuis des millénaires.

Dans mon arsenal thérapeutique, je travaille avec la douleur. Elle est omniprésente et révélatrice du mal-être que le corps et l’esprit a emmagasiné.

Mon approche est dénuée de « pitié » mais remplie de compassion. Peu l’accepte, peu le perçoivent ainsi et le comprennent.

Or la douleur a un sens et il faut l’avoir ressentie, vécue et être passé au travers afin d’en saisir tout son sens. Comme une catharsis, bleus, douleurs musculaires, chocs émotionnels, états fébriles… sont les symptômes passagers d’un inconfort physique conséquences de mon traitement. Tout sport possède aussi son lot de « petits bobos » quand le corps tout entier est sollicité à son maximum.

Je ne traite jamais un patient sans lui donner le sens de sa douleur et des douleurs physiques ressenties. Avec l’aide de différents outils diagnostics issus de la Médecine Traditionnelle Chinoise, le patient découvre, comprend, ressens et exprime via le corps, la violence intérieure, témoin de ses tensions intérieures accumulées souvent depuis des années.

Voilà mon travail. Percer l’abcès grâce à l’acupression couplé à la vitesse d’exécution, sa précision et appliqué selon les règles de la Médecine Traditionnelle Chinoise.

Voilà pourquoi l’efficacité observée et ressentie par le patient peu paraître si violente. Elle l’est effectivement pour lui/elle par rapport à sa propre résistance. Je révèle cette résistance. Le patient la découvre et mesure le travail, le chemin qu’il doit faire pour résoudre ses nœuds et ses peurs qu’il oppose automatiquement à ce qu'il ressent comme une agression physique. Seul le patient est capable de lâcher-prise physiquement et mentalement. A s'opposer, se durcir, la lutte est inégale et la douleur ne fera qu'augmenter crescendo...jusqu'à ce que le mental (et non le corps) craque libérant immédiatement le corps de son carquant. Seulement et à cette condition seulement l’unité corps-esprit est retrouvée apportant immédiatement calme et sérénité. Le patient comprend dès lors qu'il ne faut JAMAIS affronter la douleur; ne pas aller à l'encontre du courant mais se laisser porter dans son sens.

Un nombre limité de séances est souvent nécessaire au cours desquels les traumas vécus et ressentis dans le corps, qui se remet en marche, se heurtent à un corps rouillé, grippé et avachi; incapable de réagir face au danger. Mais tout cela reste inconcevable auprès de certaines personnes en proie à leur propres peurs et ignorance qui préfère rester dans leur "confort" et léthargie.

Jusqu’à quel point quelqu’un est-il prêt à accepter sa propre douleur afin de s’en libérer et guérir ?

Sortir du mental afin de réintégrer son corps et réaliser son unité est un cheminement où l’on rencontre forcément à un moment donné la douleur que l’on a ignorée, thésaurisée, cachée, reniée et rejetée. Ou on l’a garde en soi ou on la projette hors de soi.

Il est une croyance du bonheur permanent où l'être humain trouverait que félicité, sérénité, grâce et paix. Je dénonce cette vision utopique de la Vie. Au soleil, il y a aura toujours une ombre à côté de nous. Ne pas regarder son côté sombre est un manque de courage.

Je perce cet abcès et leur montre leur ombre et mes patients sont en colère. J’accepte qu’ils me la projette plutôt qu’ils la garde parceque j'ai choisi cette Voie.

La douleur est un système d’alarme très élaboré et très subtil. Différents niveaux d’alertes arrivent à notre conscience par le biais de nos sens. Jusqu’à quels niveaux de perception pouvons-nous détecter un dysfonctionnement interne ou externe à notre corps ? Notre mode de pensée occidental contrairement à l’Asie ou l’Afrique inhibe les signaux de détresse du corps lorsqu’ils se traduisent sous forme de symptômes.

Il ne faut pas être courageux pour accepter sa douleur mais juste en prendre conscience afin de la relativiser. Aborder ce domaine est pour tous un tabou. C’est un phénomène physiologique non-acceptable et répréhensible non-pas par le malade (qui la supporte malgré lui) mais plus par son entourage et par le domaine médical qui cherche à l’éradiquer.

Or ignorer cet aspect revient à refuser (in)consciemment son état et à refuser le fait que tomber malade est un phénomène de causalité ; qu’elle est la conséquence d’une suite de facteurs extérieurs et intérieurs à nous-même non-identifiés et non-reconnus par notre conscience en temps voulu en tant que menaces potentielles.

L’ignorance de soi reste la cause de nombreuses résistances aux changements inévitables que le patient doit opérer lui-même afin de parvenir à sa guérison.

Avoir mal est inconcevable et inacceptable selon nos normes de « bien-être » ou plutôt  de « mieux-être » qui serait plus juste. Ce terme est selon moi, plus adapté à une démarche d’évolution et de guérison  que le sentiment statique exprimé par un état de « bien-être » où il n’y a plus de remise en question.

Laisser les choses en l’état plutôt que d’oser les voir est la politique de l’autruche.

La douleur est révélatrice du mal-être que vit le patient. Elle a un sens, une signification profonde qu’il faut prendre le temps d’accepter mais souvent, par manque de temps, par réflexe et ignorance, le patient refuse de voir, de comprendre, de vivre ses états d’âme, son vécu, son histoire et ses contradictions.

Pour ceux et celles qui prennent le temps de comprendre la théorie chinoise du yin et du yang, la méthode que j’utilise prend tout son sens et les résultats qui sont immédiats perdurent à moyen et long-terme. Autour de la lumière il y aura toujours de l’ombre. Plus la lumière éclaire, plus l’ombre se densifie.

Accepter sa propre souffrance est le combat le plus dur que l’on puisse mener dans sa vie. Voir celle des autres nous paraît déjà intolérable mais elle reste vécue de l’extérieur, virtuellement. La vivre intérieurement nécessite un lâcher-prise total par un repli de l’Ego. Cela n’est pas donné à tous de le vivre mais ceux et celles qui sont prêts à s’affronter s’affranchissent définitivement de la prison mentale et physique qu’ils se sont imposés par des a-prioris et des croyances.

Devenir maître de sa destinée c’est se rebeller contre son état d’esclave pour devenir un samouraï puis abandonner les armes pour devenir un Amouraï.